Retour sur ma première expo.

Le week-end du 15 et 16 février 2025, j’ai participé au Salon des Arts et Curiosités de Brebières (62),  où j’ai pu exposer une partie de ma collection.

C’est vrai que j’aurais pu en faire la promotion sur le site, mais pris dans l’organisation de l’exposition, je me suis retrouvé à communiquer au dernier moment sur l’évènement. Du coup, je vous propose un petit retour sur cette nouvelle expérience.:)

Le choix du thème

Il y a quelques mois, j’ai dû choisir ce que j’allais exposer. Une question pas si évidente, les champs de ma collection sont variés et je risquais, rapidement, de partir dans tous les sens. 

J’ai d’abord mis une première borne, il faut que mon stand soit ancré localement. Brebières est situé entre Douai et la zone commerciale d’Hénin-Beaumont/Noyelle Godault, j’envisage alors d’exposer des artefacts des hypermarchés Delta et Mammouth de Sin-le-noble devenu Auchan, des objets des Coop et d’autres petites surfaces disparues qui ont quadrillées les environs.

Puis il y eut la Braderie de Lille

En ce week-end sacré des collectionneurs, j’ai trouvé LA pièce qui change tout : une enseigne émaillée des COOP.

Elle est superbe, pas trop encombrante, parfaite pour décorer chez moi… et être exposée ! À la fin de la braderie, entre chien et loup, j’aperçois quelques pubs pour Cora Lens 2, dans un vieux lot de “La Voix du Nord” destiné à la benne dans la demi-heure qui suit. Hors de question de laisser passer ça ! N’ayant pas le temps de m’amuser à feuilleter chaque journal, j’embarque le tout, au grand dam de mes proches qui m’accompagnent.  Je vous passe la galère sans nom pour transporter ça jusqu’à la voiture mais ça valait le coup.

En triant les journaux les semaines suivantes, je m’aperçois qu’ils couvrent la période 1985-1988 et la zone Lens-Hénin. Les publicités pour des enseignes disparues s’enchaînent et des brèves économiques aussi : Ce sont celles sur la fin des Coop dans le Nord-Pas-de-Calais. Je repense à ce que j’ai consacré aux Coopératives dans ma collection, il y a sans doute matière à faire. J’ai donc trouvé mon thème, les COOP dont le siège local était situé à Sin-le-Noble, mais aussi sa concurrente d’après guerre la CCPM (Coopérative Centrale du Pays Minier) dont le siège était situé à Beaumont (sans Hénin à l’époque). C’est parfait.

Au fil des semaines, je complète ma collection. Je commence aussi à chercher les traces de la Coop et la CCPM dans le coin, je prends quelques photos, fait des ébauches de cartes que j’afficherai sur mon Stand le week-end W. J’en profite aussi pour trier et répertorier ce que je n’ai pas encore traité. Bref, j’ai des soirées bien occupées.

Le week-end de l’exposition

Arrive enfin le jour de l’installation, le vendredi 14 février. Au fur et à mesure du remplissage des grilles et des vitrines, ma crainte d’avoir à disposition trop d’espace et que ça fasse un peu “nul” s’efface. Je constate finalement que je n’aurais pas besoin d’accrocher les cartes et les photos. J’ai bien assez de documents d’époque !

Le soir, je passe chercher des albums d’images Coop que j’avais vu sur Leboncoin, je retrouve encore deux trois bricoles dans mes affaires, plus qu’une nuit et c’est le grand plongeon !

En arrivant, le samedi matin, j’ai une petite appréhension, je connais la plupart des autres exposants, ils sont enthousiastes à l’idée de mon stand, mais est-ce que ce sujet va plaire aux visiteurs ? Est-ce que ça va parler aux gens ? J’ai beau me dire depuis des années que ce qui me plaît, entre autres, dans l’histoire et le graphisme des supermarchés c’est le côté très quotidien, banal de la chose, que ça peut parler à tout le monde, quand vient le moment de tester ça en direct, c’est un peu déstabilisant.

La matinée est calme, les amis collectionneurs s’amusent à compléter mon stand en me prêtant, donnant ou vendant d’autres artefacts des Coop, ici un carnet, là un papier des boucheries… On discute, on échange, les visiteurs arrivent petit à petit.

Je commence à voir les yeux étonnés de certains passants, d’autres en discutent entre eux. “Oh les Coop, tu te souviens?”, “Ça ne nous rajeunit pas”, la pub Valcoop et son étiquette suscitent pas mal de réactions (c’était de la piquette dans toute sa splendeur). Puis viennent des échanges passionnants. Plusieurs personnes me racontent leurs souvenirs des fêtes annuelles des Coopérateurs à Sin-le-Noble où ils y virent Claude François en concert, d’autres me parlent de leurs Coop et CCPM de village, de leurs proches ayant travaillé à la Coop, une dame raconte ses débuts comme caissière. Ça dépasse toutes mes espérances, mon sujet parle vraiment aux gens ! Bon, ok, les COOP de la région n’ayant pas passé l’année 87, mon expo parlait surtout aux plus de 45 ans, celles et ceux de mon âge globalement s’en fichaient. Mais ça marche !

D’ailleurs mon âge fût le point de départ de discussions sur l’origine de ma passion et de comment à 25 ans on peut se retrouver à exposer autant d’objets d’enseignes que je n’ai pas du tout connu.

Et c’est une très bonne question. En voyant tout réuni sur un même stand, je venais à peine de réaliser la taille assez conséquente de ma collection sur le sujet des Coopératives, alors que je ne collectionne pas uniquement ces enseignes là. 

Mais alors pourquoi ?
Je vous invite à dérouler ma presque synthèse de réponse à cette question !
1) Un supermarché disparaît ? Il m’intéresse !

Les enseignes de supermarchés disparues, ça me fascine depuis longtemps. Au moment de la disparition de Shopi et Champion, j’ai commencé à éplucher les sites sur le sujet. Parmi des noms d’hypers incroyables comme Continent, Mammouth ou Euromarché, il y avait celui de “Rond-Point” qui faisait bizarrement écho à “Carrefour”. Mon père me racontait qu’à Liévin, avant le Carrefour, c’était un Rond-Point. C’est drôle et totalement à contre-courant de la réalité de leurs homonymes routiers. 

2) Les supports publicitaires sont infinis ! !

Avant de collectionner spécifiquement sur les supermarchés, je chinais tout ce qui était publicité alimentaire ancienne, porte-clés, buvards etc. Progressivement j’ai intégré les marques de magasins. Les Coop ayant traversé les époques allant de l’album d’images aux pin’s, sans vraiment m’en rendre compte j’ai accumulé les petites choses de la marque.

Le Paradoxe

Cette abondance de goodies en tout genre a créé un petit paradoxe de collectionneur : ma collection Coop est plus riche que mes collections Champion, Shopi et Ed alors que ce sont ces dernières que j’ai vu disparaître. Plutôt logique, c’était un peu trop tôt pour que je garde volontairement des choses, hors tour de France les goodies modernes sont plus rares et surtout, je suis certain qu’il y a une pelletée d’objets qui ne sont pas encore arrivés sur les brocantes et que d’autre partent à la poubelle. Seulement 15 ans de disparition, ça commence à peine à être vintage dans l’esprit des gens !

3) Les coop, c’est ultra stylé graphiquement

Certes, ça n’existe plus mais c’était aussi très joli. Les petites lettres dansantes étaient très chouettes mais quand la Fédération Nationale des Coopératives a fait appel à Raymond Loewy pour moderniser son image, un chef d’œuvre est né !

Il est incroyable ce logo ! Profondément ancré dans son époque avec ses points pop et son orange flashy mais aussi d’une modernité folle, “responsive” avant-l’heure en pouvant  se décliner  à la verticale, à l’horizontale avec beaucoup de points, sans points…

Il est tellement unique et identifiable que la poste Belge en a fait un timbre, un vrai timbre, pour commémorer le 75e anniversaire du mouvement coopératif international en 1970. 

D’ailleurs, j’ai calé ce petit fun-fact au gré des conversations : le logo a été créé par la même personne que le logo de LU, Shell ou Spar (D’ailleurs une dame est passée avec un sac SPAR, pile quand j’en parlais, c’était très drôle). Je ne sais pas dans quel contexte on peut ressortir cette info en soirée mais au moins elle est transmise.

4) L’histoire des coopératives de consommation est passionnante.

Se plonger dans l’histoire des Coop c’est tomber sur une tonne de ramifications au sein même des immenses ramifications de la grande distribution. Des ramifications géographiques énormes qui traversent l’histoire de la distribution alimentaire de la petite épicerie aux surfaces géantes des années 80. Comment ne pas kiffer quand on aime le graphisme, la géographie, l’histoire locale et le petit patrimoine du quotidien ?

Fin de l’aparté comme dirait Pascale Clark


Les camionnettes 2CV Coop ont eu beaucoup de succès, mais désolé, elles ne sont toujours pas à vendre 🙂

Ce fut un après-midi riche, très riche, qui passa en un rien de temps. Je suis rentré lessivé mais content que cela dure deux jours et non un. J’aurais trouvé ça trop court, sinon !

L’idée de l’expo était aussi de montrer les Coop au sens très large, ici avec des étiquettes du Mutant, le hard-discount des Coop de Normandie

De retour le dimanche, la matinée était plutôt calme. Les visiteurs étaient des clients du marché voisin.  Mon expo s’est enrichie d’un papier à lettres des Coop de Sin et sur le coup de 12h, parents et amis sont passés me voir. L’après-midi signait le retour des anecdotes. Si la veille on m’a raconté les fêtes de la Coop en tant que spectateur, cette fois j’ai pu rencontrer un ancien boxeur qui a participé à des galas durant ces fêtes. Une nouvelle fois les échanges furent passionnant. 

Le soir, l’expo a été plus vite à démonter qu’à monter mais le repas partagé avec les autres membres du club, m’a fait rentrer très tard. Ce fut le week-end le moins reposant du monde mais ça valait le coup. Depuis je n’ai qu’une seule envie : ne pas attendre un an pour réitérer l’expérience.

Malgré toutes les infos que j’ai pu noter au gré de mes échanges, un mystères reste entier : Mais où était la CCPM 66 ?

Cette petite expo a aussi nourri quelques idées d’articles et de recherches qui viendront enrichir ce site prochainement. J’espère que ce « prochainement » sera synonyme de « cette année » mais chaque chose en son temps !

À bientôt !

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