Hyper dornach : Jouets 1985

C’est le retour des catalogues de jouets et, cette fois, nous allons en 1985 chez Hyper Dornach. Un magasin qui, comme son nom l’indique, est un hypermarché dans le quartier de Dornach à Mulhouse. Vous voilà bien avancés, mais je vous propose d’y revenir en fin d’article. Plongeons nous d’abord dans ce catalogue petit par la taille mais grand par le nombre de pages. 100, pour être exact .

Le catalogue s’ouvre sur un sommaire illustré d’icônes profondément ancrées dans leur époque, nous donnant presque envie de s’arrêter sur une aire d’autoroute. A droite, la catégorie des peluches commence par une photo d’enfant avec le jouet et l’icône correspondant à sa catégorie. Ce sera le cas pour chaque catégorie du catalogue.

Les jouets sont présentés alignés sur fond uni au dessus de la liste des prix. Une mise en page qui rappelle le catalogue Cora de 1979, que je vous avez présenté l’an dernier.

Pour vous faire une idée des prix, 100 Francs de l’époque vaudrait 31,56 euros de 2024 (toujours d’après l’Insee). Il « suffit » donc de diviser tous les nombres de ce catalogue par 3 environ. Pour ce chic chien Chow-chow, ce cher Père-Noël devrait faire un coquet chèque de 61,55 €.

Donald a moins bien vécu sa peluchification que Mickey.

Passons au jouets 1er âge, avec une photo tout en longueur d’un bébé passant par dessus les éléments graphiques. L’équipe maquette s’est éclaté.

La mode à l’époque côté couleur et d’ajouter des couleurs bien vives sur une base de blanc comme pour ce mignon manège à papillon. Un jouet Cretin (le nemesis des jeux Nathan). Côté fisher-price un chouette électrophone (toujours fan de ce mot).

Luxi a eu droit à sa pub TV comme l’indique l’icône. Une pub à la voix off…étonnante.

Nous sommes encore au début de Mon Petit Poney qui porte déjà ce nom, comme en témoigne la pub TV mais qui n’est visiblement pas assez porteur pour avoir son nom complet chez Hyper Dornach, visiblement. CBS Loisirs a bien un rapport avec la chaîne américaine, l’ABS n’a aucun rapport avec le freinage du Big-Smoby.

Après une chouette table à dessin Smoby, on passe aux porteurs.

La tortue s’appelle Caroline comme dans Boule&Bill, marrant.

Cheval, camion, chien, tortue, tracteurs, il y en a pour tous les goûts. J’apprends ici que le « FALK » du tracteur, que j’avais petit, était simplement une anglicisation de « Falquet »

Catégorie « Poupons et Poupées ». J’aime bien le choix de l’icône, le regard est assez raccord avec les jouets qu’elle représente.

Après les jouets Cretin, les poupons Ceccon. Ça entre direct dans mon panthéon des noms de marque au nom finalement inadapté. Mais ne nous attardons pas trop sur ces pauvres Martin et Andrea dont le nom de famille a mal passé les Alpes et allons voir Tinnie et Tinou sur la page suivante.

On nous indique qu’elles boivent, font pipi et pleurent des larmes. (Une saine précision, Tinnie pleurerait quoique ce soit d’autre, ce serait inquiétant). On apprends également que la fratrie est fabriquée par General Mills, les mêmes que les partenaires des céréales Nestlé en 2025 et qui étaient derrière les BN en 1985.

En fait, ce qui est formidable avec ce catalogue, c’est qu’il a tendance à remonter un peu haut dans l’arbre des entreprises. Tinnie était commercialisée par les poupées Raynal. En 1979, Raynal est racheté par Miro-Meccano qui fait disparaître la marque et est elle-même une filiale des jeux Parker Brother, eux même filiale de General Mills depuis 1968. Détail rigolo dans cette histoire, la pub TV mentionnée dans le catalogue ne fait aucune référence à ces marques mères, alors qu’on aperçoit le logo Parker pour le Monopoly du spot précédent. Rien à voir, on y entends aussi Jackie Berger, pas son rôle le plus connu mais ce sera mon hommage.

Comme beaucoup de marques de jouets jurassiennes, Monneret et Berchet ont fini dans le groupe Smoby.

Ah voici la page « Marchande » qui me permet de vous rediriger vers mon article sur le sujet, dans un premier temps, et de vous faire profiter des 3 pub TV suggérées par le catalogue.

Après une dernière page de la catégorie Poupées place à l’Aventure qui a aussi un chouette picto ! C’est toujours très intéressant de constater que si les termes « pour filles » et « pour garçons » n’apparaissent pas tout les codes couleurs et les photos renvoient à la catégorisation genrée habituelle. Une situation qui n’a presque pas changé en 2025, en réalité.

C’est parti pour 4 pages de Mattel dont voici les pubs de 1985 évoquées par le catalogue. Celle-ci pour Big Jim.

Et celle là, pour Les Maîtres de l’Univers.

Des robots transformables en vraie voiture, les Transformers n’ont qu’à bien se tenir.

Passons aux autos et aux trains !

Et aux tracteurs.

Et aux Combi Car Trail. Et aux hélicos. Bon j’arrête. Par contre, il existe de splendides 2 CV et 205 GTI à friction.

Bigre, encore une 205, télécommandée cette fois !

Et là en circuit, avec un super TGV sur la page de droite. Le summum de la technique française des années 80, finalement.

Avant dernière étape, les activités manuelles introduites par un château Lego.

C’est un peu étonnant, vu d’aujourd’hui, de voir les Lego si loin des Playmobil mais ce n’est pas incohérent non plus.

Ici, nous avons des maquettes de Revell, entre autres. La marque appartenait alors à Céji (pour Compagnie Générale du Jouet) qui était sur le point de disparaitre.

Instant pub TV, grâce au Potier de Laffont. Les jeux Laffont étaient la branche jeu des Editions Robert Laffont (le père de Patrice). Les jeux Laffont sont ensuite passé sous la bannière Jeux Nathan (Des jeux intelligents).

On constate ici le côté très littéral d' »Activités Manuelles ».

Voici des synthés Casio, pardon, des Orgues Électroniques. Celui de droite couterait aujourd’hui la jolie somme de 770 €.

Et pour finir, les jeux de société. Des pages que j’apprécie fortement car avoir toutes ces vieilles boites en miniatures m’évite de systématiquement craquer lorsque j’en vois en brocante. Je ne pensais pas que les boites de domino à faire tomber étaient si anciennes.

Instant pub avec la pub TV YAHTZEE.

Le retour de General Mills, ici pour le Monopoly. Notez aussi l’édition française du Scrabble éditée par Habourdin, filiale des Jeux Spear (avec qui elle partagera son logo).

Pour les Jeux Nathan, je n’ai trouvé que la pub Ordimini.

Avant dernières pages, avec des jeux purement électronique et les Game&Watch de Nintendo qui perdent ici leur sobriquet et Nintendo son deuxième « N ».

Pour finir, entre tradition et modernité, des jeux d’échecs électroniques. Ne pas oublier les piles pour toutes ces bricoles.

Ainsi se referme ce catalogue Hyper Dornach. Il se présente ici comme le concurrent à taille humaine, mais de qui ? Et bien, à une quinzaine de minutes d’Hyper, se trouve Cora Wittenheim, magasin ouvert depuis 1973. Hyper, lui, a ouvert ses portes, le 26 août 1981, avec un gros « hyper » rouge en helvetica sur son fronton. Une identité visuelle qui n’est pas sans rappeler son concurrent à 15 minutes de là. Coïncidence ? Je ne crois pas.

D’une part, le code du registre du commerce en bas de cette dernière page est celui de Cora, d’autre part s’il est difficile de trouver les raisons exacte du nom « Hyper Dornach », ma théorie est que la proximité avec l’autre Cora crééait un problème de concurrence et donc on a choisi de donner une illusion de diversité avec un autre nom. Autre théorie, pas forcément incompatible avec la première, Dornach étant un quartier aisé de Mulhouse, un concept de magasin spécifique à la démographie locale ne serait pas spécialement déconnant.

Toujours est-il que ce Cora à moustache est devenu un Cora tout court à la fin des années 80 et qu’aujourd’hui c’est un Carrefour comme tous les autres.

Merci Jean Didier pour l’impression et Reymann (non l’autre) pour la réalisation.

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