Cora: Jouets. Cadeaux 1979

Aujourd’hui je vous propose de découvrir le plus vieux catalogue de jouets Cora que j’ai pu trouver. Un document fascinant tant il transpire les années 70 à commencer par sa couverture d’une franche sobriété, pour ne pas dire austère, définitivement ancrée dans son époque où le « marron-beige » cohabite avec l’intemporel logo de l’enseigne et ce bandeau rouge qui sera un gimmick visuel, 15 ans plus tard. C’est un tout petit catalogue, format à l’italienne, c’est à la fois plus économique et plus pratique à mettre dans les boites aux lettres.

Si vous voulez aller voir une partie en particulier (cherche une partie, particulière), j’ai retranscrit le sommaire ci-contre avec des liens.

Jouets
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Le Noël des Grands
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Comme la plupart des catalogues, il s’ouvre sur les peluches et jouets premier âge. La mise en page est typique des catalogues de l’époque, quelques photos sur fond coloré et une liste de produits.

Au milieu de cette rigueur graphique, un détail, un débordement, un petit grain de folie typographique : les différentes catégories du catalogue sont identifiées par des caractères spécifiques tranchant avec la neutralité de l’Helvetica.

Pour les pages « bébé », c’est Octopuss Shaded dessinée par Colin Brignall. Une typographie qui était à la pointe de la modernité puisque sortie 5 ans plus tôt.

Ce qui me frappe avec ce catalogue et tous ses contemporains, c’est à quel point les jouets font « ancien monde ». (Mes excuses aux enfants des années 70).

À peine 5 ou 6 ans plus tard que ce soit les peluches, les voitures ou les poupées, tout semble moins rustique, plus arrondi, plus coloré. Des caractéristiques plus proches des jouets que j’ai connu petit.

Les boites de la tête à coiffer ou des meubles Barbie appuient mon effet « ancien monde ». En fait, c’est un catalogue, où tout est encore dénué de marketing. Les photos sont factuelles, les boites ne surenchérissent à peine, tout semble pragmatique, sérieux, bien rangé.

Revenons à nos typos. Les jouets « pour filles » sont identifiés par la typographie Harlow, toujours de Colin Brignall et encore plus à la pointe de la modernité puisque sortie en 1977.

Tandis que pour les garçons c’est Yankee Shadow de Tony Geddes, publiée en 1977. Un choix évidemment plus mécanique contrastant avec le manuscrit et les rondeurs des précédentes catégories.

Détail rigolo, les jouets photographiés sont identifiés par leurs prix et non un petit chiffre renvoyant à leur ligne dans la liste.

La curiosité de cette page : la « Menuiserie Magique » de Mattel qui découpe de petites lamelles de bois (Sans danger)

Les « Jeux pour tous » arrivent logiquement après les jeux excluants.

Cette catégorie est écrite en Bullion également dessinée par Tony Geddes, en 1970. Un caractère très probablement choisi car étant celui du 1000 Bornes.

Une page de jeux électroniques dont le Simon. J’adore l’efficacité de la boite : le jeu, deux mains et on comprends à peu près ce qu’il faut faire !

La curiosité de cette page : Les Hippo-Gloutons qui, en 1979, sont des crocodiles !

Que ferait-on sans une page de jouets musicaux. Des synthés et des micros ? Et non, des orgues électroniques ! Bon… Tant pis, on verra ça dans quelques années.

Le titre « Orgues Electroniques » est habillé en Premier Shaded, collection 1970 de Colin Brignall.

Dernière page de jouets: ceux sur lesquels on peut s’asseoir dessus.

« Les Porteurs » est écrit en « Mais si c’est l’écriture de Pimp my Ride, là » officiellement dénommée « Candice Inline » et dessinée par Alan Meeks en 1976.

Enfin, avant le passage au très sérieux « Noël des grands », un ultime débordement de la police : « Livres et Disques » écrit en Author, ça ne s’invente pas. Une typo inspirée d’Airkraft, dessinée chez « Face Photosetting » dont l’auteur est inconnu, ça ne s’invente pas, non plus !

Les caractères composant ce petit musée typographique des années 70 ont pour point commun leur publication chez Face Photosetting et Lettraset.

L’ensemble des pages des « Grands » sont introduites par des petites phrases aux allures de slogan, toujours composées en Time New Roman italique.

Page de la maroquinerie. Pour une raison qui m’échappe totalement, entre deux coloris aux nom enivrant d’alcool, il y en un appelé « nègre ». Je n’ai jamais vu le mot dans ce contexte. J’ai beau dire que 1979, ça commence à dater, je ne m’attendais tout de même pas à tomber sur des formulations racistes posées là, sans pression, dans une ligne descriptive.

Revenons au sexisme, du coup. En 1979, on offre aux papas de quoi bricoler, c’est à l’image de la société de l’époque. Quoi que les poncifs marketing ont la dent dure, puisqu’en 2024, les pulls de Noël Parkside de Lidl n’étaient disponibles qu’en coupe « Homme » et ce malgré une société un tantinet plus ouverte sur le champ des personnes ayant le droit d’utiliser une perceuse.

Et donc pour les mamans… Voilà, zéro surprise et je ne ferai pas non plus comme si c’était un lointain souvenir, en ce quart de XXIe siècle.

Passons à la photo, « un cadeau original », avec un tout jeune Polaroïd 1000 en guise de grain de folie, au milieu de ces appareils très sérieux !

Une sélection tous budgets ! Pour vous donner une idée, aujourd’hui la caméra Super 8 couterait 1 082,48 € et le rasoir électrique 133,23 € !

Des radios qu’elles soient cassettes ou réveil. D’ailleurs le radio-réveil n’a que 11 petites années d’existence au moment de ce catalogue.

Page 48, l’équipe com’ commence à fatiguer pour les titres. Ici on se contentera d’une « sélection Cora » formulation assez présente chez la marque par la suite. À part ça, je propose de réhabiliter le mot « electrophone » et me demande qui souhaite une calculatrice à Noël.

C’est parti pour 2 pages de chaînes Hi-Fi. Les prix commencent à 1609 €…

… pour finir à 2 914 €. C’est un énorme cadeau une chaîne hi-fi !

On passe à la télé ! Un téléviseur noir et blanc portatif coûterait 494 €, aujourd’hui. En décembre 1979, la télévision couleur en France n’existe que depuis 12 ans, la Une n’émet en couleur que depuis 4 ans et les programmes seront émis en simultanés en noir & blanc jusqu’en 1983. Un peu comme TF1 SD diffusé en simultané avec la HD de 2008 à 2016. Pour les détails, pas spécialement plus clairs, voir cette page Wikipédia !

La télé la plus chère du catalogue est à 2 470 €. Notez aussi la télé noir et blanc précisée compatible avec les 3 chaînes françaises et (Télé) Luxembourg qui nous rappelle l’implantation de Cora dans le nord et l’est de la France.

Pour terminer, l’électroménager. Le petit, dans un premier temps.

Le gros dans un second temps et que des lave-vaisselles, on doit être pile au moment où ça se démocratise et que c’est le top tendance !

Enfin, avant de refermer le livret, la page d’option de garantie pour entretenir tout ça et un rappel de ce qu’est un « prix coûtant »

Et voilà, on apprends que ce catalogue était conçu pour les magasins de Metz-Borny et Moulins-les-Metz par « Erel Conseil » de Metz au design et les établissements Idoux de Nancy pour l’impression.

Ce qui peut laisser penser que c’est un catalogue spécifique à ces deux magasins ou, plus largement, aux magasins de l’est. Il faudrait trouver le catalogue d’un autre Cora pour savoir si c’était national ou non.

C’est sur ce cliffhanger que je vous laisse. À bientôt pour d’autres lectures !

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